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Concours d'éloquence

Arthur Liot de Norbecourt remporte le 1er prix de sa catégorie au concours international de discours et Louis-Jean Decazes de Glücksbierg le 2nd prix dans sa catégorie !

Suite aux présélections organisées lors de la dernière Semaine de la langue française et de la francophonie en mars, Louise FONT, Louis-Jean DECAZES de Glücksbierg pour les 4èmes et Maxence JOUVE et Arthur LIOT de NORBECOURT pour les secondes sont partis à Francfort avec Mme NORMAND pour représenter l'école française de Lausanne au concours international de discours organisé par l'AEFE.

Concurrents des élèves de différents lycées français de la Zone d'Europe centrale dont nous dépendons, ils ont relevé le défi haut-la-main en remportant le 1er prix pour Arthur (dans la catégorie des Secondes) et le 2nd prix ex-aequo (dans la catégorie des Quatrièmes) pour Louis-Jean.

Nous vous laissons découvrir ci-dessous le texte de leur discours finement argumenté.

Nous les félicitons chaleureusement !

Arthur (élève de 2nde) : "Aujourd'hui, le travail peut-il véritablement nous rendre heureux ? "

Le plein emploi a fait place à Pôle Emploi.

Cela fait 20 ans que le taux de chômage en France se situe au-dessus de 10%,

20 ans c’est un peu long pour parler de crise,

20 ans c’est effrayant !

Surtout quand on a 15 ans aujourd’hui, des choix à faire demain pour quel métier après-demain ?

Vous connaissez sûrement des jeunes diplômés qui, même issus de grandes écoles ne trouvent pas d’emploi,

Vous connaissez sûrement des adultes auxquels l’entreprise a rendu leur liberté après 20 ans de bons et loyaux services,

Vous connaissez sûrement aussi des personnes qui ont fait un « burn out »,

Alors franchement pourquoi travailler ? aujourd’hui, le travail peut-il véritablement nous rendre heureux ?

Certains comme Marx affirme que le "travail, c'est l'aliénation de l'homme".

Dans son étymologie même, le mot travail, du latin "tripalium" désigne un instrument d’immobilisation à trois pieux - bref un instrument de torture !

Alors le travail est-ce l’aliénation ou à l’inverse pouvons-nous avoir un regard plus positif sur le travail ? et l’envisager comme une capacité à mettre en œuvre notre intelligence, notre volonté, notre sensibilité pour transformer le monde qui nous entoure?  C’est à cette réflexion que je vous invite pendant quelques minutes

I. Aujourd’hui en France le mal-être au travail est réel ?

- Même si les français sont 10 fois plus riches, travaillent 2 fois moins qu’il y a un siècle ; ils sont toujours insatisfaits et pessimistes. Ce qui se traduit par des épisodes d’angoisse, de dépression et même des suicides plus élevés en France que dans la plupart des pays selon l’OCDE.

Le reportage de Sophie Bruneau Ils ne mouraient pas tous mais tous étaient frappés est un huis clos dans lequel 4 personnes racontent leur souffrance au travail. Face caméra cette réalité invisible et silencieuse prend corps, prend sens et interroge.

- La défiance est au cœur de ce mal-être.

Les Français se méfient de tout et de tous : de leurs collègues, de leur patrons, des politiques, des entreprises, des riches et même des pauvres! Bref comme le disait Sartre “L’enfer… c’est les autres”.

Cette défiance est le résultat d’une organisation trop élitiste et trop hiérarchisée de la société qui mine les relations sociales et le travail.

Comment être heureux dans un tel contexte ? Allez, ne soyons pas désespérés. A l’instar de la défiance, la confiance se fabrique. Et ça c’est une bonne nouvelle!

Alors fabriquons de la confiance pour que le bonheur au travail soit possible !

II. Si l’on considère le travail comme une capacité qui nous est donnée de transformer le monde qui nous entoure, alors une vision plus positive du travail est possible.

Pour définir la notion de travail, je vais m’appuyer sur cette œuvre de F. Léger appelée Les constructeurs datant de 1950. Un tableau qui montre sur 3 plans des hommes en train de travailler: un 1er homme seul affairé en train de visser des boulons sur une poutre, il travaille. Puis un groupe de 4 hommes qui portent ensemble une poutre, il coopèrent. Et enfin, au milieu, il y cet homme en costume , entre ciel et terre, qui semble s’interroger. Peut-être le manager d’équipe.

Création/Coopération/Management ce sont les 3 dimensions du travail. Chacune est essentielle et doit contribuer au bien-être du travailleur.

- Travailler c’est exercer un talent pour créer une œuvre. Cette création est une 1ère source de bonheur.

Le 1er homme de notre tableau, celui qui serre des boulons, il travaille dans le sens qu’il exerce une habileté, un talent pour pouvoir réaliser son œuvre. Cette œuvre c’est sa fierté et il éprouve de la joie en la voyant réalisée.

Le talent nous en avons tous et il s’exerce au cœur du métier. D’où l’importance de bien définir son métier.

Alors comme un enfant pourrait le demander à son père,  je vous le demande, quel est VOTRE métier? Il est vrai que quand on est pompier, militaire en uniforme, médecin, le métier, il est évident : « je soigne des gens, je vais éteindre des incendies…». Mais quand on a une profession on va dire « intangible » alors l’explication est nettement plus compliquée.

Encore + compliquée quand l’entreprise va -au nom de la performance- aller de + en + vers la division du travail. A l’image de celle montrée dans le film Les Temps Modernes de Chaplin. Sauf que l’OS qui travaillait à la chaine, il voyait la voiture sur le parking de l’usine à la fin de la journée. Son œuvre était visible, aujourd’hui ce n’est plus toujours le cas !

Aujourd’hui intangibilité et division du travail souvent se rejoignent, et de vraies questions se posent quant à l'identité professionnelle de bon nombre d'individus. Voyez combien il importe de réaliser une oeuvre visible.

- Travailler c’est aussi faire du monde qui nous entoure un monde plus humain en coopérant. Coopérer c’est créer un lien avec les autres, c’est appartenir à une communauté, et ça cela rend heureux.

Dans notre tableau, le groupe de 4 hommes coopère pour porter une poutre : seuls ils ne pourraient pas  le faire. Ils ont besoin l’un de l’autre pour réussir.

Récemment, le patron d’une entreprise américaine a décidé de mettre la confiance au cœur de la relation avec ses collaborateurs en leur laissant prendre toutes les vacances souhaitées.

Travailler ensemble ce n’est pas évident, ce n’est pas spontané. Cela demande un vrai effort d’écoute de l’autre.  Si on y parvient le bonheur est au rdv !

Le véritable enjeu aujourd’hui c’est de pouvoir vivre une relation professionnelle basée sur le don et la coopération.

- Enfin, pour que le travail nous rende véritablement heureux, il faut qu’il ait un sens, une finalité.

C’est sans doute le rôle de notre manager, l’homme au centre du tableau, de donner la « vision », la finalité. La véritable finalité du travail est de répondre à une mission sociale : qu’est-ce que j’apporte dans cette société qui m’entoure ?

Métier / Communauté / Finalité, voilà les quelques pistes qui peuvent permettre de repenser le travail pour nous-même personnellement, et pour l’entreprise.

Au lieu d’aller chercher à l’extérieur la motivation (par une sorte de concurrence, de « super CV » ou de bonus), l’enjeu véritable est de trouver en nous-même cette envie de transformer le monde qui nous entoure.

Et cette envie elle viendra parce que nous serons connectés à ce qui est profond en nous : notre identité, notre talent, notre vision, notre relation avec les autres. AINSI nous pourrons « fabriquer » de la confiance et être pleinement heureux en travaillant.

Pour conclure, permettez-moi de partager avec vous cette citation de Romain Gary :

« Je sais que la vie vaut la peine d’être vécue, que le bonheur est accessible, qu’il suffit simplement de trouver sa vocation profonde, et de se donner à ceux qu’on aime avec un abandon total de soi ».

C’est tout ce que je NOUS souhaite, trouver notre vocation profonde !

Je vous remercie.

 

Louis-Jean (élève de 4ème) : "Contre l'enseignement gratuit en ligne" 

Mesdames, Messieurs du jury, cher public, bonjour, et bienvenue dans l’ère du numérique.

Mon thème est l’enseignement gratuit en ligne, ma thèse : est-ce la fin de l’école ? Je ne suis pas d'accord.

Pour défendre mon point de vue, j’aborderai deux aspects : l’efficacité des cours puis leur véritable enjeu.

Le temps des cours gratuits en ligne est venu et on nous promet le Big Bang de l’Univers pédagogique.

Moi, enseignement gratuit en ligne, je vais inverser la courbe française de l’enquête PISA.

Moi, enseignement gratuit en ligne je prophétise la fin des cours en classe, ce qui les ravit les professeurs.

Les cours gratuits en ligne tournent sur la toile telle une révolution copernicienne.

Mais est-ce vraiment une révolution, ou tout simplement du savoir en « boîte » ? 

podcastonbac, je kiffe les maths et la star, la Khan Academy, sont des succès. Coursera, le portail américain compte plus de 6 millions d’élèves.

Alors adieu crayon, craie, cahier, cartables. Elèves, il est temps de passer du tableau noir à la tablette numérique, notre doudou adoré.

Mais qui vérifie si on comprend, si on suit, si on triche ?

Avec ces cours en ligne, on s’aperçoit qu’on ne sait presque rien sur presque tout.

Et les chiffres parlent. A l’Université de Caroline du Nord, bonheur amer, 2,5% des inscrits au cours en ligne ont réussi l’examen de bioélectricité contre 75 % des présents en classe.

Ces très mauvais résultats corroborent ceux des experts scientifiques. Je vous en cite 2.

- Le Pr. Karsenti, chercheur canadien spécialisé dans les TIC, démontre dans une étude comparative, que les cours en ligne diminuent les performances scolaires et pire, ils n’ont aucun rôle dans la motivation à apprendre. Par contre, il démontre que la vie en classe, elle, favorise l’émulation intellectuelle grâce à la socialisation.

- 2ème expert, le neuro-psychiatre Boris Cyrulnik. Il alerte sur une pathologie, celle des enfants au cerveau sculpté par Internet avec les risques d’addiction et de violence.

Faut-il ce merveilleux malheur pour notre société ?

L’enseignement s’il se  nourrit de technologie, c’est avant tout, des talents humains qui transmettent avec passion leurs connaissances.

Et ne  nous y trompons pas, le véritable enjeu de ces cours gratuits en ligne, ce n’est pas la qualité pédagogique. Ce qui se joue, c’est la masse : un marché captif de 4 milliards d’internautes, le nouveau pétrole du 21ème siècle.

La presse financière le confirme : tous les grands opérateurs sont sur le coup : Google, Apple et autre Microsoft.

Dès la maternelle on nous fidélisera avec ces cours. Tous nos clics et toutes nos données seront analysés et monnayés à des sociétés de marketing.

Car si ces cours en ligne sont gratuits, c’est que nous sommes les produits.

« Je suis une marchandise, je suis un profit, je suis vendu. »

Quel avenir réjouissant !

Confucius disait : « étudier sans réfléchir est vain, réfléchir sans étudier est dangereux. » 

Mesdames Messieurs du jury, cher public, je vous remercie de votre attention et j’espère vous avoir convaincu que pour un enseignement de qualité, efficace et libre, il n’y a pas de secrets, vive l’école !