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Rencontre avec le Saint-Père

Une ancienne élève de l'école, de confession musulmane, a rencontré le pape François le lundi 26 janvier 2015. Voici le message qu'elle lui a remis.

Rome, le 26 janvier 2015

Votre Sainteté,

C’est un immense honneur et un grand privilège que de vous rencontrer.

D’origine iranienne, issue d’une famille musulmane mais laïque, j’ai été envoyée dans un internat en Suisse en 1979 dans des circonstances familiales tragiques liées à la révolution qui a eu lieu dans mon pays cette année-là. L’internat en question, où j’ai passé six années,  était dirigé par les religieuses de la Congrégation italienne des Soeurs marcellines. J’y ai reçu une éducation fondée sur le respect et la tolérance, et je serai éternellement reconnaissante aux sœurs, et notamment à la Mère Supérieure, Sr Hélène Pepe, de m’avoir inculqué ces valeurs. J’ai d’ailleurs une pensée toute particulière pour chacune des sœurs du Pensionnat en cette occasion si spéciale.

À présent, je suis mariée et mère de deux enfants. Mon mari, d’origine suisse et canadienne, est de confession juive.  Nous nous efforçons de transmettre nos cultures respectives à nos enfants. Je ne me suis pas convertie au judaïsme mais nous avons  décidé d’élever nos enfants dans cette religion, mais au fond et surtout, de leur inculquer la tolérance.

Je voudrais remercier l’Association des Amis de l’Université hébraïque de Jérusalem de m’avoir donné l’opportunité de réaliser ce voyage et de rencontrer Votre Sainteté, en cette journée si symbolique de la commémoration de la libération du camp d’Auschwitz. Dans un monde aussi empreint de violence, je me suis, quant à moi, toujours sentie bien acceptée par tous – que ce soit par les sœurs du pensionnat, par les Suisses ou encore par la communauté juive de Genève. Je me considère incroyablement chanceuse et j’aimerais à mon tour pouvoir faire quelque chose pour les personnes qui oeuvrent et qui luttent pour la tolérance et la non-violence.

Ma rencontre avec Votre Sainteté ne prendrait pas à mes yeux sa pleine signification si je n’en profitais pas pour vous parler d’un homme admirable du nom d’Ali Abu Awwad. Il s’agit d’un Palestinien qui s’est fixé pour objectif de parvenir à la paix pour son peuple, en choisissant la voie de la non-violence et de l’amitié.

Ali travaille avec une autre personne exceptionnelle, l’Israélien Shaul Judelman, qui s’est rallié à sa cause. Tous deux ont construit ensemble un centre situé entre un village palestinien et une colonie juive près de Jérusalem pour rapprocher les colons et les Palestiniens de cette zone. Grâce à ce projet, de nombreux changements se produisent, à petite échelle. Si de telles avancées ont été possibles, cela veut dire qu’il est effectivement possible de changer les choses, peut-être même sur une plus grande échelle, avec un peu d’aide et de publicité. J’ai voulu parler à Votre Sainteté du travail d’Ali et de Shaul, c’est ma façon de saluer ce qu’ils font et de leur rendre hommage. C’est ma façon de leur donner du courage -car ils savent que désormais Votre Sainteté connaît l’existence de leur initiative- et de les inciter à continuer, en dépit des obstacles, leur remarquable et courageuse mission.

Je souhaite que l’année 2015 soit placée sous le signe de la paix, même si malheureusement tout laisse présager le contraire, et que naisse une lueur d’espoir.

Je vous prie d’agréer, Très saint Père, l’expression de mes plus respectueuses salutations.

 

Mehra Rimer